SYNOPSIS | BANDE ANNONCE | PERE PORTABELLA | FICHE TECHNIQUE | FICHE ARTISTE  | MUSIQUES | PHOTOS |  FESTIVALS | CRITIQUES | PRESSE | CONTACT

CRITIQUES

 

Le Silence avant Bach est une oeuvre plus impressionnante encore, qui file avec grâce sur la piste de Bach sans jamais trancher entre documentaire, journal d’étude contemporain et reconstitution. Inondé par les divines musiques de l’immense compositeur, le film mélange le registre de l’enquête au pays des Variations et du Magnificat avec celui de la fiction, grâce à de géniales petites scènes dialoguées (des routiers espagnols parlant de Bach avec une grandeur bouleversante, quand ils ne l’interprètent pas à l’harmonica).

 

SÉGURET OLIVIER

samedi 8 septembre 2007

 

 

Joyeux et inspiré.

 

Cahiers du Cinéma - Jean-Michel Frodon 

 

Les Variations sur Bach selon Portabella

Alors que le festival de Venise est sur le point de s’achever, le réalisateur catalan Pere Portabella présente Die Stille vor Bach (lit. "Le silence avant Bach") dans la section Horizons.

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser entendre, Die Stille vor Bach explore l’influence exercée par la musique du compositeur allemand depuis sa création.

Pere Portabella, qui a coécrit le film avec les compositeurs Carles Santos et Xavier Albertí, s’amuse à assembler des vignettes sans rapport les unes aux les autres, filmant tantôt l’époque de Bach, tantôt celle de Mendelssohn (quand, selon la légende, un morceau de viande arriva de chez son boucher, enveloppé dans une page du manuscrit de « La Passion selon Saint Matthieu » – ce qui conduisit à sa redécouverte de Bach) et tantôt aujourd’hui. Pour jouer les compositeurs, Portabella n’a pas choisi des acteurs mais des musiciens : l’organiste allemand Christian Bembeck dans le rôle de Bach, le pianiste espagnol Daniel Ligoria dans celui de Mendelssohn.

Si, comme dans les autres films de Portabella, il n’y a pas de fil narratif à proprement parlé, certaines séquences sont aussi frappantes que la musique de Bach, comme ce plan silencieux d’un piano tombant d’une hauteur vertigineuse dans une mer turquoise ou encore cette carriole pleine de jeunes violoncellistes qui interprètent une suite de Bach tandis que le véhicule chemine dans des couloirs souterrains et ténébreux. Plusieurs plans d’un piano mécanique soulignent l’idée que la musique de Bach existe par elle-même, sans qu’il ne soit besoin d’un musicien pour qu’elle prenne vie.

« L’Europe accorde d’elle-même sa nationalité », expliquait le réalisateur à propos de son film au titre allemand et largement tourné en Allemagne. « L’Europe est le décor émotionnel, symbolique, historique et politique du film ; la scène où il prend place. »

Le film est une production de Films 59 (qui en détient aussi les droits à l’international), et il a reçu le soutien de l’ICAA (Instituto de la Cinematográfica y las Artes Audiovisuales), de l’Institut Català de les Indústries Culturals, de Catalan Films & TV et de Televisió de Catalunya.

Boyd van Hoeij - Venice 2007 – Horizons, le 7 septembre 2007